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Il y a vingt ans, Seraing faisait un pari : réinventer son avenir.

En 2006, alors que l’avenir de la sidérurgie restait incertain, le Master Plan posait les bases d’une vision ambitieuse : transformer plus de 800 hectares de vallée industrielle, marqués par deux siècles de sidérurgie. L’enjeu ? Ne plus considérer les friches comme une succession de sites à reconvertir, mais repenser progressivement tout un territoire.

Vingt ans plus tard, le pari a pris forme et le paysage sérésien a profondément évolué. Un anniversaire qui offre l’occasion de mesurer le chemin parcouru, mais aussi de se retrouver pour partager les expériences et réfléchir à la suite de cette aventure urbaine.

C’est dans cet esprit qu’ERIGES, en collaboration avec l’ULiège, l’ULB et la Ville de Seraing, a réuni à l’OM celles et ceux qui ont contribué à cette transformation ou qui la suivent depuis ses débuts. Architectes, urbanistes, professionnels de l’immobilier, acteurs publics et privés, partenaires et étudiants ont croisé leurs regards sur vingt ans de reconversion et les défis qui attendent encore le territoire.

Un après-midi riche en expériences et en regards croisés

L’après-midi s’est ouvert sur un échange passionnant entre Valérie Depaye, directrice d’ERIGES, et Jacques Teller, professeur à l’ULiège. Tous deux ont participé aux premières esquisses du Master Plan et aux rencontres avec une population alors inquiète pour l’avenir de ses enfants, dans un contexte de profondes mutations industrielles. Histoire, souvenirs et anecdotes ont fait revivre les coulisses de cette aventure urbaine

Bernard Deffet, bureau Baumans Deffet, maître d’œuvre des Ateliers Centraux, a apporté un témoignage concret sur les défis de la reconversion et le potentiel de lieux longtemps délaissés.

Avec Rafael Alessandri, chargé d’études au Bassin Minier, le regard s’est tourné vers le nord de la France. Son intervention a mis en lumière la manière dont le patrimoine des cités minières du Nord et du Pas-de-Calais peut devenir une véritable ressource territoriale, au service de nouvelles dynamiques de développement.

Sophie Tilman, bureau Pluris, a quant à elle, abordé le Master Plan comme objet d’étude pour le monde académique et comme outil de développement économique. Elle a en outre souligné l’importance du processus participatif et collaboratif mis en place dès l’origine, associant décideurs, services publics, acteurs économiques, auteurs de projets et, surtout, la population. Une dimension essentielle pour inscrire la transformation urbaine dans une vision partagée du territoire.

« Incrémental » : construire l’avenir par étapes

L’après-midi s’est poursuivi avec Benoît Moritz, venu présenter son ouvrage Incrémental, publié à l’occasion des 20 ans du Master Plan et qui retrace le passage du déclin sidérurgique à la construction d’un nouvel avenir pour Seraing

L’approche incrémentale défendue dans l’ouvrage repose sur un urbanisme des « petits pas » : avancer progressivement, expérimenter, ajuster les projets et composer avec les incertitudes du réel. Une manière de construire l’avenir sans perdre de vue la vision d’ensemble.

Bernard Reichen : de la vision initiale aux projets d’aujourd’hui

Moment particulièrement attendu de l’après-midi, l’intervention de Bernard Reichen, urbaniste français à l’origine du Master Plan. À travers plusieurs projets menés à Paris, Casablanca, Montpellier, dans la Ruhr, à Esch-sur-Alzette et bien sûr à Seraing, il a partagé sa vision de la transformation des territoires et de leur capacité à se réinventer.

Il a notamment mis en lumière le rôle du Boulevard Urbain qui, au-delà de sa fonction de mobilité, est appelé à devenir un véritable lien entre les quartiers, un lieu de vie et un levier de redéploiement économique et de reconquête territoriale.

Et maintenant ? Faire bénéficier les Sérésiens des retombées de la reconversion

La journée s’est prolongée par une table ronde prospective animée par Jean-Marie Halleux, professeur à l’ULiège, réunissant Déborah Géradon, bourgmestre de Seraing, Benjamin Cadranel, administrateur général de Citydev.brussels, Fabian Culot, président de SPI, et Bernard Serin, président de John Cockerill.

Au cœur des discussions : comment concilier la reconversion urbaine et le développement de nouvelles activités économiques ? Comment accueillir les entreprises et soutenir la réindustrialisation tout en assurant un développement territorial durable et de qualité ? Quels rôles peuvent jouer les pouvoirs publics, les acteurs économiques et les entreprises dans la transformation de la ville ?

Autant de questions qui ont nourri les échanges autour des opportunités, des contraintes et des choix à poser pour les prochaines années. Car, vingt ans après le lancement du Master Plan, Seraing se trouve à un nouveau tournant : poursuivre la transformation urbaine tout en renforçant son attractivité économique et les retombées positives pour son territoire et ses habitants.

Présente à la table ronde, Déborah Géradon, cinquième bourgmestre de Seraing depuis la naissance du Master Plan, a insisté sur un enjeu essentiel, celui du bénéfice que les Sérésiens doivent pouvoir retirer de cette transformation.

Elle a également rappelé que l’arrivée de nouvelles entreprises ne garantit pas, à elle seule, des retombées fiscales suffisantes pour la ville, puisque les futurs travailleurs ne résideront pas nécessairement à Seraing. Elle a ainsi plaidé pour une meilleure prise en compte du rôle central des grandes villes dans le développement de leur région et pour un soutien adapté à leurs responsabilités.

Vingt ans après le lancement du Master Plan, Seraing aborde donc une nouvelle étape : poursuivre la transformation du territoire, renforcer son attractivité et veiller à ce que les bénéfices de cette reconversion profitent durablement à la ville et à ses habitants.

Un immense merci à toutes celles et ceux qui ont contribué au succès de cette journée anniversaire !

Merci aux intervenants pour la richesse de leurs témoignages, le partage de leurs expériences et les regards croisés qui ont nourri les échanges.

Merci également aux nombreux participants qui ont répondu présents ! La diversité des profils et des générations réunis à l’OM témoigne de l’intérêt que suscite toujours le Master Plan, vingt ans après ses débuts.