L’HISTOIRE D’Eriges

En 2001, l’AREBS (Association pour le Redéploiement Economique du Bassin Sérésien www.arebs.be) s’est vu confier une nouvelle mission par la Ville de Seraing : réfléchir à un plan stratégique pour Seraing et le mettre en œuvre.

A cette date, l’AREBS fonctionne uniquement comme agence économique locale dont l’objet est le soutien aux créateurs d’entreprise désireux de lancer leur activité (projet ALPI) et aux indépendants récemment installés (projet Face à Face). Le projet MVD s’occupe également de revitaliser le tissu économique local en accompagnant des entreprises soucieuses de se développer, d’exploiter d’autres créneaux, d’obtenir des primes, de s’installer à Seraing, etc. C’est le pôle « économique » de l’AREBS.

Afin d’impulser cette nouvelle mission demandée par la Ville (*1) , l’AREBS s’adjoint les compétences d’un géomaticien qui est chargé de réaliser un diagnostic socio-économique de Seraing (2001-2003). Ce travail colossal va mettre en lumière une série de données : un taux de chômage de 23 % ; des activités économiques (40 %) liées au seul secteur des métaux ; 20 % de logements sociaux ; un habitat vétuste ; la partie basse de la ville concentrant un taux élevé de chômage (31 %), 46 % des minimexés de la commune, 50 % de logements au confort précaire, beaucoup de personnes isolées et sans emploi, etc.

Le diagnostic va conscientiser et intéresser toute une série de dirigeants de la région, chefs d’entreprises, industriels, scientifiques, à l’avenir de Seraing et plus largement, à celui de toute l’entité liégeoise. Ces forces vives vont se rencontrer à l’AREBS et se réunir, spontanément, autour de thématiques comme l’aménagement du territoire, la R&D, la culture, l’économie sociale, la formation et l’enseignement, le recyclage et l’environnement, la logistique. Tous ont participé à l’élaboration du rapport « Le redéploiement économique du Pays de Liège, méthodes et perspectives – novembre 2003 » (*2) coordonné par Guy Mathot et Michel Forêt, alors Ministre Wallon de l’aménagement du territoire. Ce rapport, rencontrant un consensus politique liégeois, favorisera l’émergence du GRE (*3) (Groupement de Redéploiement Economique) de Liège. C’est au GRE que les groupes de travail poursuivent leurs réflexions.

Deux groupes attachés plus particulièrement à Seraing restent actifs au sein de l’AREBS, il s’agit du GESS (Groupe d’Economie Sociale Sérésien) dont l’objectif principal est de jouer un rôle dans les marchés publics de démolition, construction, verdurisation, etc., via une clause sociale spécifique qui invite l’entreprise choisie à sous-traiter avec des sociétés d’économie sociale. Ceci permet au public précarisé de la région, inséré dans un programme d’économie sociale, de participer à la rénovation urbaine de la vallée sérésienne.

Le groupe « aménagement du territoire », à l’issue du diagnostic, et suite à l’annonce faite par Arcelor, fin 2003, de fermer définitivement des usines sidérurgiques du chaud, en région liégeoise (2 hauts-fourneaux et une cokerie à Seraing ; laminoirs de Chertal), délimite parmi les 3.600 ha de Seraing, un périmètre d’intervention prioritaire (PRIO), particulièrement précarisé. C’est la vallée sérésienne. Longue de 800 ha, en bord de Meuse, elle inclut 130 ha de futures friches industrielles, un habitat délabré, des quartiers en déclin économique et social, un réseau de mobilité archaïque. Tout son aménagement urbain a été dicté, au fil des siècles, par l’emprise de l’industrie.

Officiellement, Seraing, à partir de fin 2003, a 5 ans pour préparer « l’après » Arcelor et entamer la mutation de la vallée. Elle se fixe dès lors une série d’objectifs à atteindre : maintenir le nombre d’habitants à 60.000 ; améliorer les caractéristiques socio-économiques de la population ; relancer l’activité économique et la diversifier ; améliorer l’image de marque et le cadre de vie de la commune ; renforcer Seraing Bas comme centre de l’entité communale et améliorer son accessibilité ; harmoniser les zones économiques et les zones de vie ; compenser le manque à gagner au niveau des recettes communales.

La Ville de Seraing, via l’AREBS, poursuit l’expertise de son territoire : au diagnostic, aux travaux des groupes thématiques, vient s’ajouter une étude commandée au SEGEFA (service de géographie économique de l’ULG) traitant de l’offre et de la demande en matière d’immobilier (logements et bureaux) à Liège et Seraing – juillet 2004.

L’étude du SEGEFA propose une série de recommandations utiles pour la requalification de la vallée sérésienne : elle doit s’inscrire dans le long terme et se penser comme un projet global avec de grandes lignes directrices constantes ; la rénovation doit se faire « quartier par quartier » afin de concentrer les moyens et de déclencher le phénomène « d’émulation » ; sa concrétisation peut se faire via des partenariats « public-privé » ; une structure unique doit avoir en charge la reconversion foncière et urbaine de la vallée sérésienne afin d’en garantir la souplesse, le professionnalisme et la cohérence. En juillet 2004, on évoque donc déjà cette structure unique, on parle alors d’une Régie Communale Autonome ou d’une Intercommunale.

Cet ensemble de travaux et de réflexions sont le terreau de l’étude urbanistique (phase 1 et 2) menée sur la vallée sérésienne. L’étude urbanistique débute effectivement en mars 2004 lorsque l’AREBS lance un appel d’offres européen. La procédure de sélection par un comité d’experts s’étend de juillet à septembre, et la convention, entre l’AREBS et le chargé d’étude choisi, est signée le 5 octobre 2004.

En 2004, l’équipe de l’AREBS s’est étoffée de compétences supplémentaires, suite aux nouveaux besoins réclamés par l’étude urbanistique : juriste, expert financier, architecte-urbaniste, chargée de communication rejoignent. C’est le pôle urbanistique de l’AREBS.

Le chargé d’étude, association de fait entre REICHEN & ROBERT & Associés, PLURIS scrl, SGS Belgium sa, TR@ME scrl, Bruno BIANCHET, le Bureau d’architecture Pierre SAUVEUR et LAMBDA PLAN sa., comprend un urbaniste, un environnementaliste, un économiste, un analyste financier, un opérateur / agent et un gestionnaire de dynamique participative.

L’étude donne des résultats en deux temps : le Master Plan de la vallée sérésienne (octobre 2004 – mai 2005) qui redessine l’entièreté de la vallée sérésienne à long terme et propose une série d’intentions urbaines, articulées autour d’invariants (fleuve, coulées vertes et boulevard urbain). La seconde partie de l’étude (décembre 2005 – juin 2006) focalise sur le Master Plan des zones à traiter prioritairement : l’axe rue Cockerill et rue du Charbonnage ; les ateliers centraux et le parc de Trasenster ; le boulevard urbain.

Dans le même temps, une série d’actions concomitantes à l’étude urbanistique se mettent en place : plusieurs visites en Belgique et en Europe d’opérations de requalification urbaine positives afin de dégager toutes une série de bonnes pratiques (*4) ; des ateliers urbains permettant de confronter les prescriptions des urbanistes à la sensibilité et aux idées des usagers (habitants, impétrants, travailleurs) de Seraing ; des séances d’information interactives à destination des sérésiens ; des contacts réguliers avec la presse ; l’organisation de groupes de réflexion sur toute une série de questions soulevées par l’élaboration de l’étude urbanistique (outil de gestion de la rénovation urbaine – structure à créer) ; financement de la rénovation urbaine ; logistique ; promoteurs de la rénovation) ; la promotion des actions menées à une échelle internationale (MAPIC ; MIPIM) afin d’attirer promoteurs, investisseurs et développeurs.

Avril 2005 : mise sous cocon du haut fourneau 6

2005 : Foncière Liégeoise -> AREBE

Dans le courant 2005, la Ville de Seraing, après examen de plusieurs formules, choisit de créer une Régie Communale Autonome comme outil de mise en œuvre du Master Plan et de ses corollaires. La RCA de Seraing est créée le 14 novembre 2005 (adoption des statuts) ; les statuts sont approuvés par la Députation Permanente le 22 décembre 2005 ; le 20 mars 2006, le Conseil Communal désigne les administrateurs de la RCA ; le 24 avril 2006 se tient le premier CA de la RCA.

2006 : OPA de MITTAL STEEL sur ARCELOR. Mai 2006 : groupe ARCELOR-MITTAL

Le 6 octobre 2006, on entame les premiers travaux de démolition, rue Cockerill (zone prioritaire). Un immeuble d’appartements, de bureaux, de surfaces commerciales, avec zone de parking sous-terraine et jardin semi-privé, le tout sur une superficie de 7000 m2.

Le 1er janvier 2007, le personnel d’ERIGES, nom de la RCA, prend officiellement ses fonctions. Il s’agit de l’équipe du pôle urbanistique de l’AREBS.

————————-

(*1) En 2001, Seraing a bénéficié du subside fédéral de la politique des grandes villes. Celui-ci est octroyé aux villes de plus de 60.000 habitants dont certains quartiers sont précarisés, et qui permet de développer des projets liés à l’amélioration de la vie dans ces quartiers.

(*2) Ensemble de réflexions, propositions et pistes de solutions pour l’émancipation de l’agglomération liégeoise

(*3) Le GRE a été créé en 2004 pour faire de Liège une métropole du XXIème siècle, et ce dans toutes ces facettes : économie, culture, urbanisme, social…etc. www.gre-liege.be

(*4) Un outil de gestion et de coordination de la rénovation urbaine situé dans un lieu identifié, au cœur du site ; un plan guide global d’aménagement du territoire ; des projets stratégiques ; de grands terrains disponibles ; valorisation des atouts et de l’existant (pas de politique de la page blanche) ; intégration des partenaires publics et privés aux projets ; optimalisation des subventions (continuité de moyens) ; communication efficace vers les habitants et l’extérieur (attirer des investisseurs) ; appui politique fort.